Jacques
Bourreau
Défi
Extrême

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Le défi : Race Across America 2015

Après un abandon à la RAAM 2014, Jacques Bourreau ne s'en laisse pas compter et compte bien relever à nouveau le défi en 2015.

4900 km à travers les Etats-Unis en moins de 12 jours !!! Soit minimum 416 km par jour !

Le cycliste est un guerrier !

la carte des Etats-Unis avec le tracé de la RAAM 2015

La RAAM 2014 : le récit

Arrivé aux Etats-Unis 5 jours avant le départ de l’épreuve au nombre de 6 personnes, le temps nécessaire pour faire quelques tours de pédales et mettre en place l’organisation des véhicules, le van suiveur nécessitant le démontage des 2 banquettes arrières, mettre des cartons, suspendre les roues de secours, mettre des cartons pour la nourriture (barres, boissons, pain d’épice etc.) les tenues de rechange et le matériel de réparation (pneus, boyaux etc.), l’organisation technique GPS avec ordinateur portable pour le parcours, la radio permettant de communiquer avec le vélo et l’hygiaphone.
Les deux derniers jours sont consacrés aux réunions de courses (obligatoires), briefing, contrôle du matériel, séance de photos, interview, ainsi qu’au regroupement du staff, arrivée de Jean l’ostéopathe le dimanche et de Guillaume le traducteur et chef d’équipe le lundi. C’est pourquoi avant le jour J, le temps était précieux et rythmé.

Toute l'équipe de Jacques Bourreau Défi Extrême devant la banderole de départ de la RAAM 2014

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Jour J mardi matin 8 h - 14°C

Départ à 13h05 avec une température de 20°, le temps est nuageux et frais, l’excitation est à son comble. Même si juste avant le départ, ma rencontre avec une anglaise, me prévenant d’une différence de climat dans les 35 kms suivant le départ m’intrigue quelque peu, elle m’annonce 40° et plus.
Ça y est c’est le départ. Il est 13h05. C’est parti pour un contre la montre de 4800 kms, soit 4 Paris Brest Paris à faire en moins de 12 jours. Je me sens tout de suite bien, partis toutes les minutes, après 15 kms, j’ai repris mes deux prédécesseurs. Arrivent tout de suite les premières difficultés à 8 et 10 %. Nous nous suivons à distance (quelques dizaines de mètres) au km 35.

Km 35. La chaleur arrive brusquement, les nuages ont disparu laissant place à un ciel bleu. Le thermomètre affiche 38°. La première grosse difficulté arrive au km 60. Dès le pied de la difficulté je commence à m’arroser, mais me trouvant en pleine forme et n’ayant pas mon véhicule avant le km 95, je m’abstiens de renouveler l’opération.
Grossière erreur, puisqu’au milieu du col, je prends un gros coup de chaud, il fait 43°. Je m’arrose mais le mal est fait, je suis en surchauffe.

Km 95 j’arrive au véhicule, je leur fais part de mon inquiétude, déjà 1800 m de dénivelé d’effectué, nous redescendons dans la plaine où le vent s’est invité ainsi que la chaleur 45°. Puis vient la nuit il est 20 h 30. La température est redescendu à 34 °. Je roule jusqu’à 22 h 30 et après 230 kms, je décide de manger au camping-car, nous sommes tous réunis. J’ai trop chaud et des difficultés pour manger, j’ai envie de dormir, ce que je tente de faire après le repas, mais je suis vite pris de vomissements, (3 fois de suite), puis je parviens à dormir une heure.

Il est déjà temps de repartir, mais je ne suis pas très bien. Qu’importe, il faut rouler et toujours rouler. Je ne sais pas encore que je vais passer l’une des pires journées de vélo de ma vie.

Première nuit sur le vélo, premier lever de soleil à 4 h du matin et encore des vomissements dès que je porte la nourriture à ma bouche. J’ai beaucoup de difficultés à boire, la journée me parait interminable, très chaude. 49 °. Je n’avance pas, je suis anéanti, les premières 24 h sont effectuées péniblement avec 380 kms au compteur (au lieu de 450 prévus). L’après-midi est une galère, un calvaire, au passage du fleuve Colorado, je ne peux m’empêcher de descendre sous le pont (qui l’enjambe) pour me jeter à l’eau, l’envie de refroidir le moteur, mais rien n’y fait.
Arrive le soir et là nous décidons de nous rendre aux urgences qui me gardent la nuit, sous perfusion, 3 poches ½ de chlorure de sodium sont nécessaires pour me remettre sur pied.

Après ce passage aux urgences je suis en pleine forme, mais le docteur me met en garde 24 h sans bouger, 72 h sans effort, le danger est réel après une telle déshydratation, mais bon 1 h après je pédale tout en étant conscient que l’effort doit être modéré.
Résultat à la fin du 2e jour, j’ai un jour de retard. Dur ! Dur ! J’ai pratiquement grillé toute ma réserve. Je n’ai plus le droit à l’erreur.

Et là les jours se suivent avec cette chaleur comprise entre 45° et 48° la journée et de 28 à 31° la nuit, ainsi qu’un vent très violent 80 km/h. Les paysages sont exceptionnels, grandioses, sublimes, des moments très forts, comme cette descente qui n’en finit pas pendant près de 50 kms pour atteindre moins 160 m sous le niveau de la mer.
La traversée de Monument Valley se fait de nuit. Puis les montagnes du Colorado se profilent déjà à l’horizon. Le premier gros col à 2300 m d’altitude est franchi sans problème.

Au km 1400, le premier point éliminatoire est franchi avec 8 h de retard (j’ai récupéré 250 kms sur les 500 de retard que j’avais). C’est la joie dans l’équipe car la direction de course décide de me laisser continuer. Après un au revoir au camping –car, Catherine, Jean Michel et Jean devant prendre un itinéraire bis, on les retrouvera dans 200 kms.
Je repars. Il fait 47°. J’ai 50 km d’approche avant d’escalader le point culminant du parcours à 3500 m d’altitude.

Le paysage du Colorado est très accidenté et boisé. La rencontre avec les biches et les cerfs est très fréquente. La température chute brusquement à la tombée de la nuit pour descendre à 6°. A l’approche de la montée finale nous sommes à 2900 m. Il reste 9 km à parcourir. Pour la 1re fois de ma vie, j’ai la sensation de manquer d’air (l’oxygène se raréfiant à partir de 2000 m 15 % de pente à 3500 m), le vent est glacial, pénétrant, la pente est sévère ()8 à 9 %). Je monte en travers, zigzagant sur la route pour diminuer le pourcentage. Après quelques arrêts, j’arrive au sommet où les plaques de neige sont encore présentes ainsi que la glace de 7 à 8 mm d’épaisseur. Il fait 0°, je suis un peu secoué et gelé. J’ai besoin de plus d’une heure pour me réchauffer avant d’entamer la descente, habillé tel un cosmonaute. Le choc thermique avec la journée est incroyable.

Dans la matinée nous retrouvons le camping-car. Il nous reste 2 gros cols à franchir. Le 1er à 3100 m se franchit sans encombre. Le second à 3300 m se passe dans la nuit assez facilement aussi il fait 14° au sommet. Toutes les grosses difficultés sont enfin passées. Nous en profitons pour dormir 4 h, cela fait du bien à toute l’équipe.

A 4 h du matin, au lever du jour nous repartons avec une température fraîche : 14°. La route est étroite, campagnarde, nous rencontrons un troupeau de cerfs (30 à 50) à une centaine de mètres de nous, puis un autre cerf solitaire à 50 m de nous, majestueux, orgueilleux, des moments inoubliables, très forts. La journée s’annonce bonne. Je suis en forme et comme prévu dans mon plan de course (sauf le coup de chaud) la course commence vraiment après le Colorado.

Km 1800, les jambes tournent toutes seules. Je fais 498 km en 24 h dont 320 km à 36 km/h de moyenne. Le pied.
Après une heure de sommeil je repars à 4 h du matin. Tout va bien dans ce Kansas et ces lignes droites interminables. jusqu’à 90 km de ligne droite. Et cette chaleur omniprésente 45 à 47°. Ainsi que le vent qui continue de souffler entre 80 et 100 km/h et même des petites tornades. A 11 h 30 j’ai un petit coup de chaud (ou coup de fatigue). Je décide de dormir 20 à 25 mn.

Puis je repars, mais l’équipe est inquiète et décide de me faire une perfusion sous cutanée (n’ayant ni infirmière, ni docteur, je n’ai pas droit aux intraveineuses beaucoup plus adaptées) de chlorure de sodium. Résultat : 5 h d’arrêt sont nécessaires et un gros hématome au ventre (le produit ne s’étant pas diffusé) je repars mais quelques kilomètres plus loin, je comprends que l’aventure va se terminer là.

Le produit étant descendu dans la hanche, il vient appuyer sur le tendon et m’empêche de me mettre en danseuse et d’appuyer normalement sur les pédales. La distance me séparant de la prochaine time station est de 108 km. Je décide quand même de m’y rendre. Tout en réfléchissant à ce périple hors norme, où j’ai accumulé des erreurs de débutants, (coup de chaud, pas de docteur, erreur de braquets sur mon vélo ... le prochain vélo sera un triple plateau).
Et les bons côtés : l’équipe a fait un travail fantastique même s’il y a eu quelques tensions dû à l’incompréhension. Jean-Michel, Catherine, Jean, Bruno, Guillaume, Alain, Bernadette et Alex au départ ont tout donné durant ce périple de pédalage.
Je pense aux grands moments. Aux paysages exceptionnels. A ces rencontres impromptues avec la faune (coyotes, marmottes, biches et cerfs). Et je décide secrètement de retenter l’aventure en 2015.

Me voici arrivé à la time station km 2580. J’ai fait 24000 m de dénivelé. Je suis en bonne forme, hormis cette tendinite médicale (terme que j’ai employé). Je venais de franchir la distance du tour d’Espagne 2014 (la Vuelta). J’annonce mon abandon à l’équipe, à peine déçue, m’étant déjà préparé à cela, même si j’aurai bien voulu pour eux aller jusqu’au bout, ainsi qu’aux enfants Fanny et Randy (restés en France) qui s’occupaient du compte Facebook, à tous ceux, très nombreux qui m’ont suivi. Je vous dis merci et à l’année prochaine où j’aurais encore besoin de votre soutien. Merci à tous qui m’ont sponsorisé sous toute forme que ce soit (financier, moral, technique et pratique).

Pour 2015 l'équipe reste pratiquement identique seul jean Michel et Catherine, étant indisponibles, sont remplacés par Marie Amélie l'infirmière et Denis le fils d'Alain.
Avantage : l'expérience 2014 pour moi et pour l'équipe.
Un changement de vélo avec des braquets plus adaptés.
Un renfort musculaire plus spécifique.
Une programmation de l'entrainement plus ciblée avec des périodes intenses (palier de progression avec adaptation à la chaleur.

Sportivement Jacques

Jacques Bourreau

Jacques Bourreau en plein effort - le cycliste est un guerrier
naissance :
le 13/10/1957 à Thouarcé
dans le Maine et Loire
taille
1,71 m
poids
67 kg
résidence
Cogolin
métier
artisan ébéniste
fonction
Co-fondateur et président du club de vélo de Grimaud depuis 2004
1980 :
1re course non licencié, 1re victoire
1981 :
2 courses, 1 victoire
1982 :
1re licence FFC, 1re course départementale,
1re victoire. J'accède en régional.
1983 :
3e à la montée du Puy-de-Dôme
1986 :
Accès à la catégorie Nationale
depuis 1988
Coureur départemental permettant de concilier travail et sport (3000 à 7000 kms par an). Un peu plus de 500 épreuves disputées en FFC dont 200 régionales et nationales.
victoires :
23
podiums
30 places de 2e et 25 places de 3e.
3e
67 kg
titre
Champion Côte d'Azur Cyclosportive
titre
Champion Côte d'Azur en Fismar
2014 :
1re participation à la RAMM

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